Paris loge son jazz en live dans de petites salles plutôt que dans des salles de concert, réparties entre une poignée de caves et de clubs qui programment presque tous les soirs de la semaine. Les meilleurs clubs de jazz de la ville se regroupent en deux zones - le trio historique de la rue des Lombards dans le 1er arrondissement, et un ensemble de salles plus récentes ou excentrées dans le Marais, le 13e et la rive droite. Dans les données de Mood, les salles de jazz parisiennes affichent une moyenne de 0.63 sur seating contre 0.45 pour la ville entière, la mesure de la plateforme sur le fait qu'une salle soit construite pour s'asseoir et écouter plutôt que pour rester debout et danser. Cet écart résume le caractère de la scène : ce sont des endroits où l'on s'installe pour regarder la scène, pas la piste.
Le trio de la rue des Lombards
Le centre du jazz parisien tient sur une seule petite rue. La rue des Lombards réunit trois clubs à quelques portes les uns des autres, qui portent à eux seuls l'essentiel des tournées qui passent par la ville. Le Duc des Lombards, ouvert en 1984, enchaîne les sets et les jams tardifs et reste le plus programmé des trois. Quelques numéros plus loin, Le Baiser Salé penche vers la fusion, le jazz français et les croisements culturels, avec une licence qui permet à la musique de tourner tard - sa fin d'été accueille le bassiste Etienne Mbappé le 29 août, une figure du jazz-fusion français programmée régulièrement dans la salle.
Le troisième, Sunset/Sunside, est en réalité deux salles sous un même toit : jazz acoustique à l'étage, musique électrique et world en sous-sol, un découpage qui permet de programmer un trio straight-ahead et un projet spiritual-jazz le même soir. Ouvert en 1983, Sunset/Sunside a accueilli des noms - Brad Mehldau, Richard Galliano, Jacky Terrasson - qui marquent une salle aux yeux des auditeurs les plus exigeants. Les trois clubs sont petits, et c'est bien là leur intérêt ; les tables se remplissent tôt et les lignes de vue sont serrées, donc réserver à l'avance pour un nom compte davantage ici que le prix d'entrée, modeste par rapport aux standards des salles de concert.
Le Caveau de la Huchette, la plus ancienne salle
De l'autre côté du fleuve, dans le Quartier latin, le Caveau de la Huchette est le plus ancien club de jazz encore en activité dans la ville. Le bâtiment est une cave en pierre du XVIe siècle devenue salle de jazz en 1949, et son passé antérieur - réputée fréquentée par des francs-maçons et, pendant la Révolution, assez sinistre pour donner son ancien surnom à la cave - n'est pas étranger à l'atmosphère du lieu. Depuis la fin des années 1940, elle a accueilli Lionel Hampton, Count Basie et Art Blakey, et on la présente souvent comme le berceau du jazz à Paris.
Le Caveau penche vers le swing et le bebop, avec une piste de danse sous les voûtes, ce qui le distingue des salles d'écoute assise de la rue des Lombards. C'est aussi le club le plus touristique, apparu dans des films des années 1950 jusqu'à La La Land, et le public le reflète. Ce qu'il vend, c'est l'atmosphère plutôt que la programmation la plus récente - un big band de swing dans une cave authentiquement historique. Dans les données de Mood, les salles de jazz parisiennes affichent une moyenne de 0.52 sur nostalgia contre 0.42 pour la ville entière, et le Caveau se situe du côté le plus marqué de cette échelle : c'est la salle à choisir pour l'histoire plutôt que pour la découverte.
New Morning, la grande scène de la rive droite
Toutes les salles de jazz parisiennes ne sont pas des caves. New Morning, dans le 10e arrondissement, a ouvert en 1981 avec un concert d'Art Blakey and the Jazz Messengers et a depuis accueilli Chet Baker, Dizzy Gillespie et Stan Getz. Avec une capacité proche de 500 places, c'est la plus grande des salles citées ici, et sa programmation reflète cette taille - elle booke funk, soul et musiques du monde à côté du jazz pur.
Cet écart d'échelle est ce qui sépare New Morning des clubs des Lombards, et les données de Mood le confirment : la plateforme note New Morning près de 0.5 sur capacity contre environ 0.18 pour la cave du 38Riv, l'une des salles les plus resserrées de la ville. Pour une première visite, la différence se joue entre un concert debout avec un bar et une cave où la trompette joue à quelques mètres à peine. Aucune des deux n'est meilleure ; ce sont simplement deux soirées différentes.
Les salles plus récentes et excentrées
La scène ne se limite pas aux clubs historiques. Le 38Riv, fondé en 2008 dans une cave voûtée du XIIIe siècle dans le Marais, est devenu l'une des salles de jazz les plus actives de Paris grâce à des jam sessions presque quotidiennes - des soirées jazz, funk et brésiliennes qui attirent autant de musiciens en formation que de public. La salle assoit une trentaine de personnes ; elle est intime au point d'être serrée, ce qui explique pourquoi les habitués considèrent les jam sessions comme le vrai rendez-vous.
Plus loin, le JASS Club, dans le 13e arrondissement, programme concerts, jam sessions et soirées hommage toute la semaine, du hard bop au style New Orleans. Entre le trio des Lombards, le Caveau, New Morning et ces salles plus récentes, le choix dépend du type de soirée recherché : un nom en tournée aux Lombards, une piste de swing historique au Caveau, une programmation plus large et funk à New Morning, ou une jam session dans une cave serrée au 38Riv.
La fin de l'été monte en gamme
Le jazz parisien ne s'arrête pas à l'automne. Thierry Escaich donne un récital d'orgue à Notre-Dame le 25 août, noté à 1.0 sur organicness dans les données de Mood, le maximum de l'échelle - le versant église du jazz et de la musique improvisée parisienne, qui tourne toute l'année en parallèle des caves. Les jours suivants font monter le genre jusqu'aux grandes salles : GoGo Penguin joue à la Philharmonie de Paris le 30 août, une réservation qui marque la reprise de la saison des grandes salles après l'accalmie estivale des caves.
L'ensemble de ce qui se joue chaque semaine, salle par salle, se trouve sur la page événements Paris de Mood.
Questions fréquentes
Où trouver le meilleur jazz en live à Paris ?
La rue des Lombards, dans le 1er arrondissement, réunit les trois clubs par lesquels la plupart des amateurs de jazz commencent - Le Duc des Lombards, Le Baiser Salé et Sunset/Sunside - qui portent l'essentiel des tournées. Pour l'histoire, le Caveau de la Huchette est la salle la plus ancienne ; pour une plus grande scène, New Morning ; pour les jam sessions, le 38Riv. Le bon club dépend de si l'on cherche un nom en tournée, une piste de danse ou une jam.
Les clubs de jazz parisiens ont-ils un droit d'entrée ?
La plupart des salles dédiées appliquent un tarif d'entrée qui varie selon le concert, généralement modeste comparé aux salles de concert classiques, les boissons étant facturées à part. Les salles sont petites, donc les tables et les places se remplissent tôt pour les noms programmés. Vérifier la soirée précise à l'avance vaut le coup - on peut voir qui joue où sur les listings Paris de Mood.
Le Caveau de la Huchette vaut-il le détour ?
Le Caveau est la plus ancienne cave de jazz de Paris et l'une des plus atmosphériques, avec une programmation swing et une piste de danse sous des pierres du XVIe siècle. C'est aussi le club le plus touristique, donc il mise sur l'histoire et le décor plutôt que sur la programmation la plus récente. Pour la découverte plutôt que l'ambiance, les clubs des Lombards ou le 38Riv restent les choix les plus solides.
Les clubs de jazz parisiens sont-ils petits ?
La plupart, oui. Dans les données de Mood, les salles de jazz de la ville affichent une moyenne nettement inférieure à la moyenne parisienne sur capacity, et des caves comme le 38Riv n'assoient qu'une trentaine de personnes. New Morning, avec une capacité proche de 500, fait figure d'exception notable - une plus grande scène de la rive droite. Cette intimité est la contrepartie qui justifie d'arriver tôt.
Paris récompense qui choisit la salle avant le concert - une cave des Lombards et une scène à New Morning racontent deux soirées différentes de la même musique. Le programme complet de la semaine, salle par salle, avec dates et affiches, se trouve sur la page événements Paris de Mood.